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Alien³ (David Fincher – 1992)

07/06/2012

Hollywood souhaite une suite au carton Aliens et passe commande auprès d’un petit réalisateur de clip que des artistes comme Madonna, les Rolling Stones, Nine Inch Nails ou encore Michael Jackson s’arrachent depuis plusieurs années, David Fincher.

Pour se libérer de l’empreinte de Cameron et gagner en liberté, David tue dès les premières minutes du film Newt, Hicks et Bishop. Libérer de ces contraintes scénaristiques, David est maintenant libre de se faire plaisir. Ripley seul face à un Alien ? Non ce n’est pas suffisant ! La planète où notre héroïne se crash sur Fiorina 161, une planète-prison hébergeant des prisonniers à haut risque (délinquant sexuel, meurtriers) atteints du syndrôme double Y, plus connu chez nous sous le nom de syndrome 47,XYY (pour la culture c’est ICI), et resté sur la base du volontariat.

Fincher change donc de recette : Ripley ne se retrouve pas seule contre un Alien, mais seule contre un Alien et entourée d’une quinzaine de criminels partagé entre leurs envies de meutre et de viol. Au lieu d’avoir des points de tension ponctuelle dans le film, il ajoute une tension résiduelle indéniablement palpable. Alien³ c’est aussi l’épisode du changement pour Ripley. D’un point de vue cosmétique, nouvelle coupe de cheveux. D’un point de vue psychologique son rapport aux hommes et sa sexualité.

Ce film montre aussi le savoir faire indéniable du réalisateur : les effets de déformation visuel, la composition des images quasi religieuse sur certains plans, son utilisation des couleurs. Mais il trahit aussi les débuts de Fincher sur du long métrage avec des longueurs, un rythme pas toujours maitrisé, et la dernière partie de chasse à l’Alien assez confuse.

Alien³ clos donc ce qui devait être une trilogie. Le film n’est pas exempt de défaut et notamment sur le rythme. Mais la restauration est dans l’ensemble de qualité, même si le son est inégale par moments. Un premier essai très encourageant pour David Fincher, mais une histoire moins passionnante pour le spectateur.
Note : cet article a été écrit à partir de Alien³ – Edition Spéciale 2003. Sans être un réel Director’s Cut pour des raison de querelles avec la production, ce montage est ce qui se rapproche le plus de la vision du réalisateur, avec une scène d’exposition plus longue et l’Alien qui ne sort pas d’un chien comme on a pu le voir au cinéma.

7/10

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