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Black Mirror (Charlie Brooker – 2011)

13/01/2012

Black Mirror c’est une mini-série britannique de 3 moyens métrages diffusé en décembre dernier. Charlie Brooker, décrit son concept comme suit : « Si la technologie est une drogue … alors quels en sont les effets secondaires ? »
Chaque épisode nous présente la dépendance de l’homme à la technologie, dans des réalités alternatives d’aujourd’hui ou dans un futur proche.

Dans le pilote, la princesse d’Angleterre est enlevé et une vidéo envoyée au premier ministre. Pour lui sauver la vie, il devra avoir un rapport sexuel avec un porc vivant qui sera diffusé sur la chaine nationale. Le hic : cette demande du kidnappeur est diffusée sur YouTube et donc instantanément sur Twitter, Facebook et l’ensemble des chaînes de TV au niveau mondial.
Le second épisode se déroule plusieurs dizaines d’années dans le futur, où le commun des mortels pédale sur des vélos d’appartement pour gagner sa vie, habite dans des chambres de 9m² dont les murs sont des écrans, et paye pour ne pas être envahi par la publicité. Bing, simple pédaleur donc, tombe amoureux d’une jeune femme nommé Abi qui a un talent inné pour le chant. Il décide alors d’investir toute sa fortune pour lui offrir un billet pour un show TV à la X-Factor dans l’espoir d’une meilleure vie.
Le dernier épisode se déroule dans un futur bien plus proche. Un monde où chaque individu est équipé d’un « grain » : une petite puce insérée dans le corps qui enregistre l’intégralité de ce que nous voyons et entendons. Ce système qui nous permet de revoir les instants les plus intimes de notre vie, et les partager est devenu le garant de la confiance acquise auprès d’autrui. Lors d’un diner auquel il est invité, le personnage principal Liam suspecte sa femme Ffion d’être attirée par leur hôte. Une fois de retour chez eux, il la confronte en décryptant ce que son grain a enregistré.

Malgré des scénario qui peuvent manquer de profondeurs, son approche ras des pâquerettes (rapport sexuel avec un porc, média qui ne diffusent que du porno et du X-factor), et ses longueurs inutiles, le show a des qualités non négligeables. Tout d’abord, chaque univers propose une version anticipée de notre monde crédible en s’appuyant sur des technologies existantes ou très facilement plausibles. Mais plus que la dépendance à une technologie, c’est l’adaptation des comportements sociaux et l’amplification du voyeurisme découlant de leur utilisation qui scotche le spectateur à l’écran. Et ce sentiment ne serait pas concevable sans des acteurs convaincants, ce qui est le cas.

Black Mirror, c’est une petite série anglaise qui, malgré un côté alarmiste et racoleur facile, propose des univers intéressants pour les fans d’anticipation, une réalisation solide et des thématiques fortes.

7/10

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