LA Noire

L.A. Noire (Team Bondi – 2011)

31/05/2011


Bonjour monsieur Phelps, voici votre mission

L.A. Noire, ou le blockbuster multi-support du printemps. Pour la petite histoire on se souvient que ce jeu était à l’origine une exclusivité PS3 développée par la Team Bondi. Mais après des années de calvaire, Sony refuse de distribuer le jeu, pas assez convaincant. Le produit du studio australien se fait alors récupérer par Rockstar qui en fait un jeu multi. L’éditeur de GTA a-t-il rattrapé le coup ?

Commençons par la technique. L.A. Noire est pour ainsi dire un GTA like : même formule, une moins bonne physique mais de meilleurs graphismes. Le clipping est toujours aussi présent avec des retards d’affichage d’objet et de texture. Les problèmes de collisions, véhicules qui ne s’ouvrent pas, voir sauts dans l’espace-temps égayeront (ou pas) votre aventure.
Sa plus grande qualité technique est la reproduction à 90 % du Los Angeles c’est des années 40. Les décors sont reconnaissables pour ce qui aurait vu les films se déroulant à cette période. Les couleurs sont remarquablement bien choisies, les plans bien cadrés et les jeux de lumière sont particulièrement bons.
La grosse nouveauté du jeu, c’est le motionscan, une technologie qui permet de reproduire les expressions du visage d’acteurs filmés. On retrouve pour l’occasion de nombreux acteurs issus des séries TV de ces dernières années : X-Files, Charmed, 24, Les Experts, Heroes, Mad Men, Fringe et bien d’autres. Mais le motionscan est pour l’instant une technologie à double tranchant qui flingue complétement la cohérence des personnages. Les visages sont humains mais flous, contrairement aux corps précis mais d’allure plus « programmée ». Il pointe aussi ce qui risque d’être une des grands défis des productions vidéoludiques : la difficulté de reproduire les pupilles d’un être vivant.

Tout naturellement, on retrouve les voix des nombreux acteurs qui ont été choisis pour figurer dans l’histoire et les joueurs qui regardent les séries en version originale seront heureux de les retrouver. Côté bande-son, elle colle parfaitement à l’ambiance et vient même la renforcer. Les musiques sont bien choisies, utilisées de manière pertinente en fonction des situations. Mais le nombre trop restreint et le manque d’originalité de celles-ci fait qu’elles deviendront énervantes passé un certain temps de jeu.

Concernant la jouabilité, on se retrouve dans la peau d’un officier qui va gravir les échelons au fil de l’aventure. Le schéma classique est l’attribution d’une mission, on se déplace sur le lieu du crime pour rassembler 2 indices et interroger le légiste. On suit donc une maigre piste sur un lieu où l’on interrogera une personne qui nous donnera à son tour des éléments pour aller interroger une autre personne, et ainsi de suite jusqu’à trouver le suspect idéal.

Pour les déplacements, filature, course poursuite, fusillade et combat main nues, pas de surprise, du pur GTA. Concernant la recherche d’indices, elle est très bien réalisée. Pour éviter les objets qui brillent dans le décor, la Team Bondi a eu l’excellente idée de faire vibrer la manette du joueur quand le personnage est proche d’un objet qui attire son attention. On peut ensuite le manipuler et l’examiner sous quelques angles. Une fois tous les indices découverts, une mélodie de quelques notes indique au joueur qu’il peut passer à la suite de l’aventure. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’avoir trouvé tous les indices pour avancer dans le jeu.
On remarquera que pour la première fois dans un jeu vidéo, on manipule le corps des cadavres, macabre à souhait !

Pour ce qui est des interrogatoires, lorsque l’on pose une question au suspect, celui-ci nous répond, puis 3 choix s’offre à nous : le croire, émettre un doute ou l’accuser de mensonge. Pour orienter la réponse du joueur, il est conseillé de s’appuyer sur les mimiques des personnages qui mettent en avant le fameux motionscan.
Mais le problème de cet exercice a lieu dans l’exécution : car si le comportement de la personne interrogée est logique, celui de notre personnage l’est beaucoup moins. Il n’est pas rare de le voir commettre des excès d’agressivité injustifiés quand on choisit de croire la personne en face de nous, ou de changer de sujet lorsque l’on pense que le suspect ment, ce qui nous oblige à trouver une preuve pour une autre affirmation, preuve que l’on n’a peut-être pas. Pire encore, notre enquêteur mentionne parfois des indices qui n’ont pas été découvert par le joueur, et si l’on ne pose pas les questions dans l’ordre, certaines réponse ne sont pas prises en compte dans la suite de l’interrogatoire !

Attaquons nous à l’histoire, histoire qui est évidemment le nerf de la guerre quand il s’agit de parler de polar. Pour résumer, disons que le jeu se divise en en trois grandes parties entrecoupées de petites enquêtes. La première traite du Dahlia Noir, puis 2 autres affaires beaucoup moins intéressantes sont reliées par un personnage très secondaire.
Enorme plus du fait que le jeu soit juste édité par Rockstar, on évite pour une fois le traditionnel personnage principale pourri jusqu’à l’os, sans opinion politique ou religieuse, sympa quand même, qui aimerait bien se ranger, mais doit dealer, voler et tuer pour y arriver. ENFIN !

De plus, on félicitera la Team Bondi l’exploit d’avoir réuni un tel casting pour leurs personnages et la prestance des certains acteurs, tout particulièrement Patrick Fischler et John Noble est un énorme plus pour le jeu.
Dans L.A. Noire, on retrouve une ambiance particulière très fidèle au Los Angeles des années 40 et malheureusement, elle est entachée par une trop large inspiration des films auquel le jeu fait référence. On retrouve ainsi des décors, voir même les plans exacts utilisés pour les filmer dans ces fameux films !

L’histoire ressemble plus à un collage maladroit de trois affaires que d’un tout. De plus, l’absence d’une vraie trame principale donne un jeu dans lequel le joueur ne se sent pas impliqué. Et l’on n’échappe pas au sempiternelle serial killer traumatisé par la guerre que l’on retrouve déjà si souvent dans les productions américaines, on espérait un peu plus d’originalité venant de développeurs australiens !

Enorme projet fourmillant aussi bien de détails que de bugs, L.A. Noire propose de très bonnes idées, une ambiance fidèle au possible, d’excellents acteurs, mais de grave problèmes aussi bien techniques qu’artistique. La Team Bondi a accompli des choses inédites dans le jeu vidéo. Dommage d’avoir tant de défaut dans un projet si ambitieux !

7/10

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2 Comments

  1. 7/10 Celà les vaut. Je ne regrette pas du tout mon achat. En effet, l’intrigue est discutable, le jeu est assez répétitif mais quelle bouffée d’oxygène. Enfin un jeu nouveau: les décors, les visages et la musique sont parfaitement travaillés. Des missions annexes qui augmentent la durée de vie du jeu. la team Bondi a fait du beau boulot. Rock Star a encore une fois détecté un Hit comme l’a été red deAd redemption l’année passée.

  2. RAS dit :

    Clair, le boulot accompli est remarquable, à croire qu’il ont fini par le sortir sans le fignoler. Dommage, car le nombre de bons acteurs donne un réalisme inédit des personnages ! <3

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