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Skyfall (Sam Mendes – 2012)

29/10/2012

Tout d’abord on assiste à une scène d’introduction se boucle sur une situation … osée dirons-nous. Une situation pas jamais vu, mais presque.

Puis vient le fameux générique. Chris Cornell avait proposé le très Bond « You know my name ». Jack White, qui devait se traîner la maniérée Alicia Keys accouché dans la douleur d’un titre qui transpirait la commande « Another way to die ». Adèle nous sert ici un morceau à mi-chemin chemin entre un générique lambda de la série et un morceau bouche trou d’un de ses albums, bref ça fait le job et surtout pas plus. Point positif, le spectateur encore sous le coup du cliffhanger qui a sérieusement plombé l’ambiance, profitera d’une animation qui en remet une couche.

On enchaîne avec un bref passage à Londres le temps de retrouver Judi Dench sous les ordres de Ralph Fiennes, suivi d’un petit voyage à Shanghai qui restera mémorable. Durant cette partie du film on peut admirer la maîtrise de Sam Mendes qui arrive avec des situations peu spectaculaire à créer à plusieurs reprises une tension saisissante, voire hitcockienne. Non seulement ces scènes sont intenses pour le spectateur, mais certaines sont en plus d’une beauté graphique remarquable par un simple jeu de lumières. Brillant !

On y découvre la belle française Bérénice Marlohe. Une actrice qui n’a malheureusement ni le talent, ni la classe de la compatriote Eva Green qui nous avait envoûté dans Casino Royal. Bérénice donc, nous entraîne dans les griffes d’un Javier Bardem délicieux. Là où Quantum of Solace nous servait un des némésis les plus crédibles et naturels qui soit sous les traits de Mathieu Amalric, Skyfall nous jette dans les griffes d’un grand méchants du cinéma moderne : terriblement dangereux et drôlement déséquilibré.
Une introduction malheureusement entachée par un tournage entièrement en blue screen, immaculé de flous et d’incrustations bâclées.

Une première moitié de film qui a ses défauts mais dans l’ensemble de grande qualité. Mais toute bonne chose à une fin …

Retour à Londres. Sur fond de procès politique, d’ambiance seconde guerre mondiale et de piratage informatique interminable, on se retrouve entrainé dans une course poursuite dans le métro londonien. Procès politique ? Piratage informatique de plus de 10s ? Même Opération Espadon était plus supportable ! Et oui, il est pourtant indiqué James Bond sur le ticket de cinéma.
Cette séquence est également l’occasion de découvrir le nouveau Q (Ben Whishaw) absolument insupportable et que l’on risque certainement de se coltiner dans les épisodes à venir.

Enfin départ pour l’Ecosse dans la dernière partie du film. Décor saisissant, Daniel Crag y défend une superbe bâtisse tel un chevalier protégeant son fort, assailli ici par un hélicoptère dégoulinant de synthèse et une escouade menée par un Javier Bardem qui s’enlise dans son rôle.
Une seconde moitié véritablement décevante donc qui en plus s’encombre de trop nombreux clins d’oeil à l’univers de la série : Jaws, le stylo explosif et des plans littéralement masturbatoire sur l’Aston Martin DB5.
On notera néanmoins le retour tant attendu de l’humour, ingrédient important des James Bond et absent des deux précédents épisodes. Une pointe de cynisme donc, saupoudrée d’une succulente misogynie. Le James qu’on aime !

On attendait un sans-faute de Sam Mendes après les magnifiques American Beauty et Les Noces Rebelles, c’était apparemment trop demander. Le réalisateur nous livre un film en demi-teinte, un démarrage absolument superbe qui s’affaisse peu à peu pour sombrer dans le film d’action lambda.
Effet crise sans doute, on se retrouve souvent face à des images de synthèse cette fois-ci préférées à des déplacements d’équipes et cascades plus coûteuses. Le casting très bon, à l’exception de Ben Whishaw, s’encombre d’une Naomie Harris qui ne justifie sa présence que dans les dernières minutes.
Le film s’enlise également dans l’autoréférence, une pratique qui ne mobilisera pas les fans de la série.
Le superbe Casino Royal dans les règles de l’art fût suivi d’un Quantum of Solace qui a su préserver les codes malgré l’absence de scénariste et la vengeance brute comme sujet. Skyfall s’annonçait comme l’épisode le plus prometteur de l’ère Craig, il est au final le moins consistant et le moins bon. Triste fin pour un Daniel Craig convaincant en agent secret à qui l’on souhaite bon vent pour la suite.

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