Thor (Kenneth Branagh – 2011)

01/05/2011

Thor, le messie ?

Dans la série super-héros, cette année on a déjà eu droit au Green Hornet un poil kitch de Michel Gondry. En avril, c’est au tour de Thor de faire son entrée.

Avouons-le de suite, Thor n’est pas à proprement parler le super-héros le plus intéressant de l’univers de Marvel. Fils d’Odin, jeune homme super musclé de 25 balais qui vole et se trimbale avec un marteau, on a connu plus charismatique dans le genre charpentier ! Et avec une bande annonce qui spoile à mort l’histoire de son héros bodybuildé tout droit sorti des plages californiennes, on est plus proche du mannequin que du guerrier.
Jeune et donc impétueux, super charpentier s’avère pourtant sympathique à côté d’un père (Anthony Hopkins) faisant preuve d’une grande sagesse et un frère que l’on devine sournois dès la première seconde.

Ce qui nous amène à la principale déception du film, la transparence de l’histoire. La première scène nous présente le personnage principale arrivant sur Terre, la seconde nous le présente jeune, avec son frère et son père dans une scène illustrant les caractères de chacun. En moins de dix minutes, on a donc deviné la quasi intégralité de l’histoire. Et nous enfoncer le clou, notre super-héros déchu garde une résistance physique remarquable et des talents de combattant inhumain même sans super pouvoirs. Capacités qui seront bien utiles contre un méchant surpuissant mais anodin.

Pur produit HD, l’image est lisse quel que soit le type de séquence. On apprécie le soin esthétique apporté au ciel séquence en synthèse et aux déplacements entre les mondes. En terme d’architecture, la petite ville est typique des patelins américains au bord du désert. Côté Asgard, la cité manque définitivement d’identité. Une fois de plus, la 3D est inutile pour l’ensemble du long métrage à 2 plans près (une salle d’interrogatoire et un rayon de feu). La photographie reste cependant très correcte avec des décors qui proposent une palette de couleurs d’une douce chaleur.
Les spectateurs les plus observateurs remarquerons qu’une très grande partie du film présente des plans cadrés de travers. Une spécialité de Kenneth Branagh dont l’abus finita par en devenir comique.

La prestation des acteurs est correcte. Chris Hemsworth, déjà aperçu dans le Star Trek de J.J. Abrams rempli son office dans son armure de héro bien propre sur lui. Anthony Hopkins dans sa postion de paternel/mentor reste fidèle à lui-même. De son côté, Nathalie Portman est desservie par un rôle qui manque de consistance.

Thor est donc un pur film de commande. Proposant un scénario insipide, des personnages formatés au possible, et une identité proche de zéro, le seul élément notable reste le soin apporté aux couleurs. Condamné à revoir Thor dans Captain America cette année et The Avengers l’année prochaine, on espère que la prochaine rencontre sera plus intéressante. Le film reste pourtant agréable à regarder, sans pour autant justifier le prix d’une place de cinéma, ni être indispensable pour les fans de Marvel. Et on continuera à penser que tant qu’à faire un film sur un mec qui manie le marteau, ne nécessitera pas plus de boulot niveau scénar, autant en faire un sur Jésus, ça sera plus intéressant !

5/10

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