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Yakuza 3 (Sega – 2009)

06/04/2011

Like a Shenmue

Il y a peu, j’ai découvert la fameuse série Yakuza, aussi appelée Ryu Ga Gotoku (ou « Tel un dragon ») au pays du soleil levant. L’occasion d’envoyer le test de Yakuza 3 !

Certains l’appellent l’héritier de Shenmue, et autant dire qu’il y a du vrai là-dedans. En fait, c’est tout ce qui dérange dans la série, ce qui trahi la descendance du titre de Yu Suzuki. C’est simple, le gameplay n’a quasiment pas évolué depuis 2000 !
Pour résumer, disons qu’on évolue essentiellement à pied, dans un environnement urbain « ouvert » aux airs de couloir, comportant de nombreux commerces dont la simple visite nécessite un chargement. Durant la traversé de cette ville, les combats aléatoires seront nombreux. Et ces combats se déroulent en arène, fermée par le décor ou les passants, dans un style très Virtua Fighter. Des combats pas forcément passionnant, mais avec certaines techniques spéciales et finish sympa et bien violents, qui poussent à faire du level-up de temps à autre.

Alors pourquoi Yakuza 3 est-il autant adulé par la critique et un certain nombre de fans ? Pour trois choses. Commençons par son univers. Kiryu, le personnage principal évolue dans un quartier d’une petite ville d’Okinawa au début de l’aventure avant de rejoindre Kamakura, largement inspiré de Shinjuku, le quartier des plaisirs de Tokyo. D’un côté comme de l’autre, le joueur peut apprécier un réalisme incroyable. Que ce soit pour les ballades en pleine rue ou dans les épiceries de quartier, on est vraiment au Japon. Ceux qui ont déjà vagabondé dans ces rues (ndlr : IRL of course) reconnaîtrons certains lieux comme la place sur laquelle se trouve le grand cinéma de Shinjjuku. Les marques d’alcool, la disposition des produits dans les rayons, les produits locaux, … tout y est. Concernant les japonais, on retrouve là aussi les différents styles vestimentaires que l’on peut croiser dans ce lointain pays d’Orient.

Ce qui nous amène au deuxième point : les graphismes. Dans la moyenne de ce qui se fait en phase de jeu, le jeu explose tout sur son passage durant les cinématiques. Vous n’y verrez certes pas les plus belles textures, mais un soin d’orfèvre est apporté à l’ensemble. Le nombre de tissus différents est impressionnant, les costumes comme les objets sont dessiné avec un détail nous immergeant dans le monde luxueux (ou pas) dans lequel baignent les principaux protagonistes du jeu. Mention spéciale au plus beau verre de whisky jamais vu dans un jeu ! Il en est de même pour les visages, qui ne rivalisent peut être pas avec un Uncharted 2 ou God of War 3 en terme de grain de peau, mais dont les animations impressionnent de naturel. A leur vue, on comprend pourquoi l’annonce du casting de véritables acteurs pour un épisode de la série est toujours un événement. Le résultat est d’ailleurs au rendez-vous, impossible de nier que l’on croise de nombreux personnages disposant d’un vrai charisme.

Pour finir, le point le plus important sans lequel jouer à Yakuza n’aurait aucun intérêt : le scénario. Il est riche, très riche, et très mature. Et par mature, je ne parle pas de règlement de compte personnel, ou au mieux entre clans ou tout se règle en 2/3 fusillade comme dans un certain GTA. Non, ici les histoires de clans sont plus complexes, basées sur la manipulation, l’oppression de la population, les enlèvements et les mouvements d’argent. Mais l’aventure n’en reste pas là, et on se retrouve rapidement embarqué dans une magouille politique de bien plus grande ampleur, mêlant des ministres gérant leur carrière et un groupe terroriste opérant au niveau mondiale. Pour vous faire une idée, la vidéo de conclusion du chapitre 3 contient plus de scénario que tout GTA4. Deux bémols tout de même : le jeu souffre d’un grave problème de rythme avec une introduction de 4 chapitres sur 12 là ou 3 auraient largement suffit, et certaines ficelles scénaristiques visibles dès le début de l’aventure pour cause de passages nanarisant (fans des Feux de l’Amour, vous serez comblés !)

Pour résumer, disons que ceux qui veulent tirer et écraser tout ce qui bouge dans une histoire de bad guys (où c’est toujours l’histoire d’un mec qui est obligé d’être méchant pour mieux se ranger, LOL) dans un jeu libre avec un système de couverture (seule innovation dans la série des GTA depuis 2001 !) doivent se tourner vers GTA4. Pour les autres, qui sont prêts à faire la concession d’un gameplay un peu plus vieillissant (Shenmue sorti en 2000) pour profiter d’un scénario beaucoup plus adulte dans un univers techniquement moins impressionnant mais beaucoup plus riche, Yakuza est là.

Notes :
– le jeu est intégralement en VO sous titré anglais (et on râle pas, on dit merci Sega de quand même l’avoir apporté chez nous !)
– il n’est pas nécessaire d’avoir fait les 2 premiers opus pour faire Yakuza 3. La galette contient une série de vidéo résumant les épisodes précédents.
– Un deuxième disque est fourni dans le boîtier du jeu, il s’agit de l’OST. Un bonus sympathique, d’autant que l’on peut trouver le jeu à prix très doux.

7/10

2 Comments

  1. Le Yéti dit :

    Oui, le jeu est légèrement cul-cul… Mais c’est la poésie japonaise. C’est kawaï 😀

    • RAS dit :

      Oui et j’assume !
      Tu mets en lumière des points différents que je partage en grande partie. J’ai pris plaisir à lire ta critique et je ne vois pas pourquoi j’en priverai les autres.

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