Yakuza4

Yakuza 4 (Sega – 2010)

29/04/2011

Full Metal Yakuza

Cette année, Sega nous propose son Yakuza 4, dans une version disposant cette fois-ci de la quasi intégralité du contenu de l’original avec le désormais traditionnel sous titrage anglais.

Pour ce cru 2010, Sega revoie sa formule en proposant cette fois-ci d’incarner non pas un mais quatre personnages. On retrouvera donc Akiyama, prêteur sur gage un peu particulier, Saejima le condamné à mort, Tanimura le jeune flic ripoux et évidemment le célèbre Kiryiu Kazuma.
L’histoire commence lorsqu’une mystérieuse femme répondant au nom de Lili, rend visite à Akiyama et lui demande un prêt d’un milliard de yens pour la fin de la semaine sans préciser la raison de son besoin. Au même moment, Saejima apprend après 25 and d’incarcération et quelques jours avant son exécution qu’il a été piégé. Il prépare donc son évasion avec l’aide d’un codétenu. De son côté, Tanimura cherche l’assassin de son père, retrouvé dans une rivière 25 ans plus tôt. Enfin Kiryu coule des jours tranquilles à l’orphelinat d’Okinawa sa dernière aventure.
Tous ces destins se retrouveront mêlés, durant l’altercation de deux branches d’une même famille.

Cette gestion du rythme, inspirée des récentes productions américaines type 24 (la série), donne un nouveau souffle au jeu. Mais ce système de narration a ses propres limites. Car vouloir faire évoluer 4 personnages simultanément en les incarnant l’un après l’autre implique de brider les éléments de scénario distillés au cours de l’aventure, pour pouvoir gérer la tension transmise au joueur et dévoiler de manière croissante les enjeux de l’histoire. La rythme est donc mieux géré mais le scénario ne nous emporte pas avant d’avoir franchi les deux tiers de l’aventure, ce qui représente quand même une bonne quinzaine d’heure !
L’intrigue de ce nouvel opus se veut plus proche du polar, des petites histoires de clans. Conséquence directe, les boss sont beaucoup moins charismatiques, les affrontements moins épiques. Une approche qui n’emballera par tout le monde après le complexe et très bon thriller politique saupoudré de bons sentiments qu’est Yakuza 3. A noter que contrairement au précédent volet, une bonne connaissance de la série est ici conseillée pour profiter pleinement du scénario.

Mais la première chose qui frappe au lancement du jeu ce sont les graphismes plus fins, plus colorés. Les textures sont plus soignées sans atteindre les étalons que sont Uncharted ou God of War, mais vu le nombre d’éléments et personnages affichés à l’écran (et sans trop de clipping), les 2 jeux précédemment cités semblent plus proches du désert. Summum des passages in-game, Kamakuro est tout simplement superbe sous la pluie, les reflets des enseignes multi-colores dans les flaques d’eau flattent la rétine ! Côté vidéo, on n’est pas en reste avec des textures de peau plus travaillées et des animations faciales toujours aussi bluffantes.

Côté aires de jeu, le jeu nous offre quelques endroits supplémentaires : les docks de Tokyo, une prison, mais aussi les toits, les parkings souterrains ainsi que les égouts de Kamurocho. Et localisation plus soignée oblige, les indispensables bars à hôtesses !

Ces nouveaux lieux incontournables sont d’ailleurs l’occasion de profiter de plusieurs phases de gameplay : le ping-pong, les massages, les bains et la drague. Cerise sur le gâteau, la gestion de son propre bar à hôtesses, phase de jeu également appelée « Pimp my Girl » chez Bâton de Joie, est un passage obligé pour tous les apprentis proxénètes. Ils auront le plaisir de pouvoir habiller, maquiller et entrainer des jeunes filles fraîchement débauchées en pleine rue quelques minutes plus tôt.

Côté combat, le fait d’incarner plusieurs personnages permettra de découvrir deux nouveaux styles de jeu : la force brute pour Saejima, et le Jujitsu pour Tanimura. Side-effect vicelard au changement de personnages, on s’y attache moins, et donc on passe moins de temps à les faire évoluer.
La gestion de la difficulté et toujours aussi catastrophique avec un grand nombre de petites altercations aussi difficiles à boucler qu’un stage de Kirby et qui ne poussent donc pas à maitriser les styles de combats. Grave erreur qui se paye très cher lors des fins de chapitres, accompagnées de phase de combat interminables contre parfois une dizaine d’ennemies simultanément, armés de sabres voir d’uzis. Une fois de plus, c’est l’équipement en nourriture et autre boissons revitalisantes qui fera souvent la différence.

On peut conclure après ce tour d’horizon que Yakuza 4 a été réalisé par des alchimistes qui connaissent bien le principe d’équivalence. Ce que l’on gagne en rythme, en diversité, on le perd en implication du joueur, en qualité de scénario. Reste une légère amélioration du moteur graphique et un univers beaucoup plus riche dû à une localisation plus soignée. Une évolution à saluer, surtout pour les fans de la série.

On peut conclure après ce tour d’horizon que Yakuza 4 a été réalisé par des alchimistes qui connaissent bien le principe d’équivalence. Ce que l’on gagne en rythme, en graphisme, en diversité, on le perd en implication du joueur, e qualité de scénario. Il faut néanmoins saluer Sega qui nous offre une localisation parfaitement fidèle à l’original en terme de traduction (sous-titre anglais) et de contenu.

7/10

Note : une version collector est disponible comprenant un steelbook assez classe, correspondant bien à l’opulence propre à la série, et un DLC dont on ne peut une fois de plus pas profiter avant d’avoir fini le jeu, aberrant quand il s’agit principalement d’une série de vêtements. Une boîtier sexy mais qui ne justifie pas la différence de prix avec l’édition standard.

One Comment

Leave a Comment